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Combien coûte vraiment un site web, et pourquoi ces prix-là

11 min de lecture

On nous demande un prix avant de nous demander un site. C'est normal, et la réponse tient en une grille publique : 509 $ HT la page unique, 1 319 $ HT six pages, 2 039 $ HT dix pages. Ce qui suit explique ce qu'il y a derrière ces chiffres, quelle technologie coûte quoi, et pourquoi le prix du devis n'est presque jamais le coût du projet.

Quatre routes techniques comparées : WordPress, site statique, WebGL et Shopify, avec pour chacune l'usage visé, le budget d'entrée et la contrainte principale.

Chez Kuiper Studio, un site vitrine commence à 509 $ HT pour une page, 809 $ HT pour trois pages, 1 319 $ HT pour six pages et 2 039 $ HT pour dix pages. Au-delà de dix pages, le projet se chiffre. Ces prix sont affichés, ils sont les mêmes pour tout le monde, et vous pouvez les lire sans nous parler.

Une précision avant d'entrer dans le détail : nous facturons en dollars, et c'est ce que le site affiche. La grille, elle, est décidée en euros, respectivement 499, 799, 1 290 et 1 999 € HT, puis convertie à un taux commercial fixe. Les calculs de cet article portent sur une boutique européenne qui vend en euros : ils restent donc en euros, et les tarifs de Stripe que nous citons sont ceux publiés pour la France.

Cet article explique ce qu'il y a derrière ces prix, ce qui fait monter un devis, et surtout ce que personne ne met dedans.

Le prix ne vient pas d'un nombre d'heures

Beaucoup d'agences vendent un site au temps passé. Nous le vendons à la page, parce que c'est ce que vous achetez. Une page, c'est une structure à décider, un texte à écrire, des images à préparer, une adresse à référencer et une version par langue. Le temps que nous y passons est notre problème, pas le vôtre.

Cette façon de compter a une conséquence directe sur votre devis : ce n'est pas la beauté qui fait le prix, c'est le nombre de décisions. Un site d'une page avec une animation soignée coûte moins cher qu'un site de dix pages ordinaires, parce qu'il y a une seule fois à décider de quoi on parle, dans quel ordre et pour qui.

Quatre routes techniques, quatre budgets

Avant de parler argent, il faut savoir ce que vous construisez. Il existe quatre familles de sites, et elles ne se remplacent pas les unes les autres.

WordPress, quand vous publiez vous-même et souvent

WordPress fait tourner 39,6 % des sites du web, soit 58,3 % de ceux qui utilisent un gestionnaire de contenu, selon le relevé W3Techs du 23 octobre 2026. Ce n'est pas un hasard : vous disposez d'une administration, vous écrivez un article, vous cliquez sur publier. Si votre contenu bouge toutes les semaines et que personne chez vous ne veut toucher à du code, c'est la bonne route.

Le prix d'entrée est le plus bas du marché. Le coût réel arrive après, et il est régulier : un thème, des extensions et un socle à tenir à jour, des sauvegardes à vérifier, et une surface à surveiller. Chaque extension installée est du code que vous n'avez pas écrit, qui tourne sur votre serveur à chaque visite.

Le site statique, quand le contenu bouge peu

C'est notre route par défaut, et c'est celle de ce site. Les pages sont fabriquées une fois pour toutes au moment de la mise en ligne, puis servies telles quelles. Il n'y a pas de base de données à interroger pendant la visite, donc rien à attendre et presque rien à attaquer.

Soyons précis sur ce que cela implique, parce que c'est le vrai arbitrage : un site statique n'arrive pas avec une interface d'administration. Changer un prix ou publier un article veut dire modifier un fichier, pas remplir un formulaire. Nous pouvons brancher une administration dessus, et nous le faisons quand le besoin existe, mais c'est une décision à prendre au devis, pas une évidence. Pour un restaurant qui change sa carte deux fois par an, l'administration ne sert à rien. Pour un média qui publie trois fois par semaine, elle est indispensable.

Le WebGL, quand il faut montrer plutôt qu'expliquer

Au-dessus, il y a les sites qui animent une scène en trois dimensions dans le navigateur. Un produit qui tourne, une matière qu'on regarde de près, un mécanisme qu'on démonte. Cela se chiffre à la scène et jamais à la page : une seule scène peut demander plus de travail que dix pages de texte.

Nous nous en servons quand le produit se comprend mieux en mouvement qu'en photo. Un portefeuille cousu à la main, par exemple : le client veut voir le grain du cuir et la couture, pas lire une fiche technique. Nous modélisons l'objet, souvent avec un outil de génération comme Meshy pour dégrossir, puis nous le reprenons à la main, parce que le résultat brut d'un générateur n'est pas un produit, c'est un point de départ.

Shopify, quand le catalogue est gros et que le stock tourne

Shopify représente 5,3 % des sites du web selon le même relevé. Les tarifs publics d'octobre 2026 sont de 39 $US par mois au mois le mois, ou 29 $US par mois si vous payez à l'année, pour le forfait Basic. Grow est à 105 $US ou 79 $US, Advanced à 399 $US ou 299 $US, et Plus démarre à 2 300 $US par mois. Les frais de carte commencent à 2,9 % plus 30 cents par transaction en ligne sur le forfait Basic.

Si vous vendez quatre cents références, que votre stock bouge tous les jours et que vous avez une boutique physique à synchroniser, refaire tout cela sur mesure serait absurde. Shopify a déjà écrit le panier, le paiement, les variantes, les retours et les taxes. Vous les louez. C'est une très bonne affaire.

Il y a deux choses à savoir avant de signer.

La première : vous entrez dans un écosystème dont vous ne décidez pas. Shopify applique une commission supplémentaire si vous utilisez un autre prestataire de paiement que le sien, de 2 % sur Basic à 0,2 % sur Plus. Et les outils dont vous dépendez peuvent disparaître. Stocky, l'application de gestion de stock de Shopify, fournie avec les abonnements du point de vente, n'est plus disponible depuis le 31 août 2026, comme l'annonce la documentation de Shopify. Des milliers de boutiques l'utilisaient pour leurs commandes fournisseurs. Elles ont dû déménager.

La seconde : Shopify gère les quantités, pas l'approvisionnement. Le champ de coût d'un produit contient un seul chiffre, celui de l'achat. Le transport, les droits de douane et les frais de préparation n'y entrent pas, et il n'existe pas de prévision de demande ni de point de commande natifs. Dit autrement : Shopify sait combien d'unités vous avez, il ne sait pas quand racheter ni ce que l'unité vous coûte vraiment rendue en entrepôt. C'est précisément le travail qu'on finit par confier à une application, puis à une autre.

Si votre catalogue est gros et votre stock vivant, prenez Shopify. L'erreur n'est pas de le choisir, elle est de croire que l'abonnement est le coût.

Le devis n'est pas le coût

Voici le calcul que nous faisons devant un client avant de lui vendre quoi que ce soit. Prenons une boutique qui vend 2 800 € par mois, avec un panier moyen de 60 €, donc environ quarante-sept commandes mensuelles. Sur trois ans, soit trente-six mois.

Comparaison du coût total sur trois ans entre une boutique Shopify à 14 881 euros et un site statique avec Stripe à 9 154 euros, la réconciliation comptable représentant 5 040 euros dans les deux cas.

Les hypothèses, pour que vous puissiez refaire le calcul avec les vôtres. L'abonnement est converti à 1 € pour 1,02 $, le taux que nous utilisons partout sur ce site, soit environ 38 € par mois. Les frais de carte appliquent 2,9 % plus 0,29 € par commande. Les applications sont estimées à 85 € par mois pour trois outils, ce qui est bas : un seul outil de synchronisation de stock se facture entre 10 et 300 $US par mois selon le volume, chez Stock Sync par exemple. Et la réconciliation comptable compte quatre heures par mois à 35 € de l'heure chargée.

Face à cela, la même boutique en site statique avec Stripe. Stripe ne prend pas d'abonnement mensuel : la tarification publique française est de 1,5 % plus 0,25 € pour les cartes standard de l'Espace économique européen, 2,8 % plus 0,25 € pour les cartes premium, et 3,15 % plus 0,25 € pour les cartes internationales, auxquels s'ajoutent 2 % en cas de conversion de devise. L'hébergement d'un site statique coûte quelques euros par mois.

Le total passe de 14 881 € à 9 154 €. Mais ce n'est pas le chiffre intéressant.

Le chiffre intéressant est la plus grosse ligne des deux colonnes, et c'est la même : 5 040 € de réconciliation comptable. Rapprocher les versements, qui arrivent nets de frais et par lots, avec les factures émises. Retrouver à quelle vente correspond un remboursement. Vérifier que le stock affiché est le stock réel. Ce travail ne figure dans aucun devis de site web, il représente ici un tiers de la dépense, et il est dû quelle que soit la technologie choisie.

C'est pour cette raison que nous vendons des automatisations à partir de 399 $ HT par flux. Un flux qui déverse chaque versement dans votre comptabilité avec le détail des frais ne rend pas votre site plus beau. Il rend vos quatre heures mensuelles à une demi-heure.

Ce qui fait monter un devis chez nous

Nos options sont publiques, au même titre que les packs. Il n'y a pas de ligne « divers ».

Grille des options Kuiper Studio : formulaire de contact compris, page supplémentaire 119 dollars, formulaire avancé et langue supplémentaire 189 dollars, animations avancées 259 dollars, simulateur, réservation en ligne et référencement renforcé 399 dollars.

Le formulaire de contact est compris. Une page supplémentaire coûte 119 $ HT. Un formulaire avancé ou une langue supplémentaire, 189 $ HT. Les animations avancées, 259 $ HT. Un simulateur, la réservation en ligne ou le référencement renforcé, 399 $ HT chacun. Les packs Pro et Complet comprennent déjà respectivement deux et trois de ces options, et le calcul déduit les plus chères en premier, parce que c'est la lecture la plus favorable pour vous.

Deux choses font vraiment monter un devis, et ce ne sont pas des options.

La première est le contenu. Si vous arrivez avec vos textes, vos photos et vos prix, nous construisons. Si vous arrivez avec une idée, il faut d'abord écrire, et écrire prend du temps. C'est la raison numéro un pour laquelle un projet dérape, et elle n'a rien de technique.

La seconde est la connexion à vos outils existants. Un site qui vit seul est simple. Un site qui doit parler à votre logiciel de caisse, à votre gestion de réservations et à votre comptabilité est un projet d'intégration, et un projet d'intégration se chiffre après avoir regardé ce que vos outils acceptent réellement d'échanger. Nous ne donnons jamais ce prix au téléphone.

Ce qui ne doit jamais faire monter un devis

Trois choses devraient être comprises partout, et sont parfois vendues à part. Un site qui s'affiche correctement sur un téléphone. Un site que les moteurs de recherche peuvent lire. Un site qui se charge vite. Ce ne sont pas des options, ce sont les conditions minimales pour que le reste serve à quelque chose. Si un devis vous les facture en supplément, demandez à voir ce qu'il y avait sans.

Questions fréquentes

Combien coûte la création d'un site internet pour une petite entreprise ?

Chez Kuiper Studio, de 509 $ HT pour une page unique à 2 039 $ HT pour un site de dix pages, hors options. Les écarts que vous verrez ailleurs viennent presque toujours de trois choses : le nombre de pages, qui écrit les textes, et la technologie retenue. Un devis qui ne précise pas ces trois points n'est pas comparable à un autre.

Pourquoi certains sites coûtent 500 $ et d'autres 15 000 $ ?

Parce que ce ne sont pas les mêmes objets. Un site vitrine présente une activité et prend des demandes de contact. Un site qui gère un catalogue, un stock, des paiements et une connexion à votre caisse est un logiciel. Le prix suit la quantité de règles métier à écrire, pas le nombre de pages visibles.

Vaut-il mieux WordPress ou un site sur mesure ?

Cela dépend d'une seule question : à quelle fréquence votre contenu change-t-il, et qui le change ? Si c'est vous, toutes les semaines, prenez WordPress et acceptez son entretien. Si votre contenu bouge deux fois par an, un site statique sera plus rapide, plus sûr et moins cher à tenir dans la durée.

Quel est le coût réel d'une boutique Shopify sur trois ans ?

Sur une boutique à 2 800 € de ventes mensuelles, notre calcul donne environ 14 881 € sur trente-six mois, dont 1 999 € de développement seulement. Le reste se répartit entre l'abonnement, les frais de carte, les applications et surtout la réconciliation comptable, qui pèse à elle seule 5 040 €. C'est cette dernière ligne qu'il faut chiffrer avant de signer, pas l'abonnement.

Sources

  1. W3Techs, Usage statistics and market share of content management systems, relevé du 23 octobre 2026.

  2. Shopify, Tarifs et forfaits, tarifs publics consultés le 23 octobre 2026.

  3. Shopify, Stocky, centre d'aide : « The Stocky app will no longer be available after August 31st, 2026 », consulté le 23 octobre 2026.

  4. Stripe, Tarifs France, tarifs publics consultés le 23 octobre 2026.

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